F1 2015 : Le billet de Johnny Rives – Mexique 17

PAS UN CADEAU !

Lorsque le grand cirque de la F1 débarqua à Mexico en provenance directe du Texas, Lewis Hamilton était aux anges. Son troisième sacre de champion du monde était tout chaud. Il faisait de lui l’égal de quelques héros les plus fameux dans l’histoire des Grands Prix, comme Jackie Stewart ou Niki Lauda. Pour ne rien dire d’Ayrton Senna, son idole d’enfance ! Il avait le cœur léger, Hamilton… Et c’est bien le cœur léger – voire légèrement acidulé – qu’il avait lâché quelques petites phrases peu amènes à propos de son malheureux équipier Nico Rosberg. L’épisode de leur contact musclé peu après le départ à Austin ? Il ne se sentait pas concerné. Prêter main forte à Rosberg pour l’aider à conquérir la deuxième place du championnat ? Un haussement d’épaules ! Des cadeaux, Hamilton en fait sans doute autour de lui. Mais à Rosberg, n’y songeons même pas !

Johnny Rives

156850_182916501718692_1891504_n.jpgCette indifférence à son endroit alourdissait encore le pesant fardeau que Rosberg trimbalait depuis le Texas. Tout contrit, il avait d’ailleurs reconnu que ce Grand Prix des Etats-Unis c’est lui qui l’avait perdu bien plus qu’Hamilton ne l’avait conquis. Autant de constatations permettant de mieux apprécier encore la brillante manière avec laquelle, sur le probant et spectaculaire circuit de Mexico, Nico s’est racheté.

Décrochant la pole après avoir dominé les essais libres avec constance, il a réussi en course à démontrer son aptitude à reprendre le contrôle d’une situation que l’on croyait compromise. Contrairement à l’image qu’il avait donnée au Texas, il est apparu cette fois habité par une volonté inflexible : celle de damer le pion à son redoutable partenaire. Confirmant les intentions d’Hamilton, ce fut loin d’être un cadeau ! Joli rachat. Et avec la manière, SVP : pole, victoire et meilleur tour…

PAS UNE ERREUR. – Les épisodes n’ont pas manqué au cours de ce G.P. du Mexique où l’on a guetté d’éventuelles marques de faiblesse chez Rosberg. D’abord le départ. Le freinage de la meute à quelque 300 km/h à l’approche du premier virage pouvait être redoutable. Il était redouté. Concernant Rosberg deux fautes le guettaient : prendre trop de précautions et freiner trop tôt, ce dont ne manquerait pas de profiter Hamilton. Ou, à l’inverse, freiner trop tard et accomplir un crochet au large, laissant largement ouvert le passage à son rival. Mais rien de cela. Rosberg s’assura d’entrée le premier fauteuil avec une belle autorité. Après quoi vinrent les changements de pneus. Et leur part d’incertitude. Mais les deux fois Nico reprit la piste avec autorité sans rien perdre sur Hamilton. Enfin il y eut l’intervention de la voiture de sécurité (SC). Au Texas, il avait impeccablement réussi ses remises en route. A Mexico, Hamilton ne manqua pas, tel le loup affamé, de venir renifler ses mollets à l’approche du « restart ». Ce fut insuffisant pour troubler Nico. Qui acheva la distance sans autre émotion qu’un écart sans conséquence sur un bas coté – juste avant que Lewis n’en fasse autant !

LES FERRARI KO.- Sebastian Vettel n’a pas eu de réussite après le trait d’humour qu’il avait tenté (sans succès) envers ses rivaux de Mercedes : c’est lui qui a été victime de la première bousculade – sans que l’on puisse reprocher quoique ce soit à Ricciardo dont la Red Bull perdit des petits morceaux d’aileron dans l’affaire. La crevaison qui en résultat pour l’Allemand lui valut dès le premier tour un retard de 50 secondes  sur les Mercedes. Retard qu’il réussit à maintenir pendant une quinzaine de tours – preuve qu’il roulait aussi vite qu’elles. Jusqu’à ce qu’un tête-à-queue réduise ses espoirs… Lesquels furent définitivement anéantis une trentaine de tours plus tard. Par une sortie plus brutale dans la même courbe… qui pourrait être baptisée de son nom ! Mais cela ne se fait plus. Les ordinateurs préfèrent que l’on numérote les virages.

Quant à Raïkkonen il n’a pas eu plus de chance. Remonté de la 19e à la 6e place, il a été victime, comme l’on se retrouve, d’un nouvel accrochage avec son compatriote Vallteri Bottas. Mais cette fois, ils avaient intervertis leurs rôles ! Résultante du KO des Ferrari : les dix premières places furent partagées au plan des moteurs entre Mercedes (7, dont le podium entièrement) et Renault (3, malgré l’absence, encore, de cette fameuse nouvelle version que l’on nous fait languir).

hnosrodriguez2.jpgHERMANOS RODRIGUEZ.- Le circuit de Mexico porte le nom des frères Ricardo et Pedro Rodriguez, les deux pilotes mexicains les plus fameux de l’histoire de la course. Leur saga avait débuté au Mans à la fin des années 1950. L’engagement de Ricardo ayant été refusé pour cause de trop jeune âge (il avait 17 ans) Pedro y débuta en équipe avec le Français José Behra (frère de Jean) avant de constituer avec son frère un des équipages les plus populaires des 24 Heures à cette période. Ricardo fut le premier des deux à accéder à la F1, comme pilote officiel de Ferrari en 1962. Mais c’est au volant d’une Lotus qu’il trouva la mort la même année sur le circuit qui porte aujourd’hui son nom. Pedro ne fut fameux qu’une dizaine d’années après lui, notamment pour avoir été un des plus formidables pilotes des fabuleuses Porsche 917 en endurance. Il trouva la mort sur le Norisring en 1971 sur une Ferrari 512 d’emprunt dans une course secondaire.

SergioPerez 2015.jpgSergio Perez est aujourd’hui leur successeur dans le cœur des Mexicains. Mais, quelle que soit la qualité de sa Force India, il n’a pas la chance de disposer d’une F1 de pointe capable de rivaliser avec les Mercedes ou les Ferrari.

Illustrations©DR

Johnny Rives

Johnny Rives entre au journal l'Équipe en juin 1960 pour y devenir le spécialiste des sports automobiles. Il commenta les grands-prix de Formule 1 sur TF1 avec Jean-Louis Moncet, Alain Prost, et Pierre van Vliet de 1994 à 1996. Johnny Rives a encouragé le démarrage de Classic COURSES auquel il collabore depuis le début.

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26 pensées sur “F1 2015 : Le billet de Johnny Rives – Mexique 17

  • Merci Johnny Rive !
    pour cette belle, encore et…super belle analyse de la course de Mexico City, ainsi que l’analyse psychologique des deux pilotes de l’écurie « phare » Mercèdes ! Il se trouve que j’ai des « attaches » fortes avec le Mexique, Mexico City, où j’ai vécu en 1955/1956 et étant l’ami des frères Rodrigues,mon Père étant l’ami de leur Père. A l’époque, pas d’autodrome alors l’ont faisaient nos excès de vitesse avec leur Porshe RSK spyder sur l’ Aérodrome de Mexico City au grand dam de la tour de contrôle…
    Écrit par : François Libert | 02/11/2015
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  • Le scenario de la course n’a pas été à la hauteur de la ferveur du public mexicain et l’ambiance du stadium était autrement survoltée que celle à Hockenheim. La longue ligne droite n’a pas fait l’objet de dépassements décisifs et n’a pas servi de juge de paix. Rosberg a parfaitement géré sa course et mérite sa victoire. On a peut-être été privé d’un duel dans les derniers tours comme à Austin, Mercedes n’a pas voulu prendre ce risque de voir ses pilotes s’affronter en fin de course sur l’usure des pneus celui les ayant mieux préservés pouvant porter une attaque. C’est pourquoi Hamilton voulait continuer car c’était sa seule chance de vaincre. Mais il lui faut entendre raison ses deux titres il les doit aussi à Mercedes et cela mérite quelques sacrifices et Toto Wolff était satisfait de pouvoir garder un certain équilibre dans son équipe. Chez Mercedes ses déclarations et celles de Lauda sur le tour supplémentaire de Hamilton étaient dissonantes et traduisaient un certain embarras.
    Écrit par : laurent riviere | 02/11/2015
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  • Eh bien voilà deux chenapans rappelés à l’humilité [Même si le plus titré des deux l’a acquis de son avant-dernière (sic) saison].

    Et l’élégance n’y perd rien.

    Continuons avec l’analyse de bordures, je n’ai pas détesté voir un pilote enlever son casque avant de sortir de voiture et saluer, un peu comme on lève son chapeau ou qu’on se montre sans masque, ça également change de ces petits bonhommes (Par la taille) à grosse têtes, sautillants.

    Sinon je n’ai pas détesté non plus le retour à l’envoyeur nordique. On dit qu’il faut se faire respecter en piste et que jadis les pilotes voyant un casque jaune dans leurs rétros, ne faisaient pas les malins, à l’exception de certains moustachus (Moustache y songez-vous ?) à Barcelone en 91 (https://www.youtube.com/watch?v=OXcYZPktu44).

    Enfin je cause, je cause. Tout ça pour dire que je n’ai pas détesté ce GP que j’ai trouvé moins bling-bling. C’est dans ma tête ?
    Écrit par : Jules | 03/11/2015
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  • Bonjour, à propos de la mort de Pedro Rodriguez, je trouve bizarre l’acharnement à vouloir qualifier la course d’Intersérie dans laquelle il a trouvé la mort « d’épreuve secondaire ». Cela me choque beaucoup plus encore sous la plume de Johnny qui a vécu les années 60 et 70 que lorsque c’est écrit par « jeune poussin » qui n’a jamais connu autre chose que la F1 et les 24 heures du Mans.
    Michel Delannoy
    Écrit par : Michel Delannoy | 03/11/2015
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  • Cher Michel, Juste pour signifier (en raccourci) qu’il ne s’agissait pas d’une épreuve du championnat du monde où Pedro était lié avec Porsche. Là il pilotait une Ferrari 512 d’emprunt. Liberté lui en avait été laissée car il ne s’agissait pas d’une course de premier plan. Le terme « secondaire » est parfois employé pour qualifier la course où s’est tué Jim Clark. Là je le récuse car il s’agissait une course du championnat d’Europe, un championnat international donc. L’interdire état un championnat allemand. Il n’était international que par la présence de pilotes étrangers. Mais c’était un championnat national.
    Écrit par : Johnny Rives | 03/11/2015

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    • J’ai écrit l’intersérie mais l’ordinateur a traduit par interdire. Excuses.
      Écrit par : Johnny Rives | 03/11/2015

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  • A Michel: Au sujet de la disparition de Pedro Rodriguez, je réitère le commentaire que j’avais fait sur memorytso.

    => Interpellé par la remarque de linas27 – distant conviendrait sans doute mieux qu’arrogant – je me suis documenté sur les circonstances de la disparition de Pedro Rodriguez et fait quelques découvertes:
    – 1. comme pour Jim Clark, Pedro n’aurait pas dû disputer cette « stupide » course du Norisring puisqu’il avait un engagement à la Canam sur une BRM, hélas pas prête ce jour là.
    – 2. son ancien coéquipier Leo Kinnunen présent dans cette épreuve avec une Porsche 917 spyder avait signalé avant les essais que le virage en ‘S’ avec le pont – là même où Pedro aura son accident – était « stupidement dangereux ». Circonstance funeste, ce même Leo Kinnunen, équipier des jours glorieux, sera également heurté par la Ferrari en perdition de Pedro.
    – 3. le pilote allemand Kurt Hild heurté par la Ferrari 512M de Pedro servira un temps de bouc émissaire, satisfaisant ainsi la vindicte venu du Mexique où la famille Rodriguez comptait énormément. Il semble aujourd’hui que les causes de l’accident soient plus probablement dues à la perte d’une roue de la 512M d’origine McQueen LeMans. La carrière de Hild ne s’en remettra pas.
    – 4. par un curieux hasard, je me rappelle très bien du cadre du circuit – là où un certain führer arrangua la foule – que ma famille d’accueil, un brin nostalgique, m’avait emmené visiter lors d’un séjour linguistique à Nuremberg. Je viens juste de découvrir qu’il s’agit aussi du circuit urbain du Norisring.
    Tout ceci ne nous rendra pas Pedro…

    Nb. Plus d’informations à l’adresse suivante: http://www.ferrarichat.com/forum/other-racing/127493-44-years-ago-rip-pedro-rodriguez.html

    Écrit par : Francis Rainaut | 08 juillet 2014
    Écrit par : Francis Rainaut | 03/11/2015

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  • Très intéressant, l’article vers lequel vous renvoyez, Francis Rainaut. Pedro Rodriguez était effectivement phénoménal sous la pluie. On se souvient de ses duels avec Jacky Ickx dans ces circonstances et de sa prodigieuse démonstration au Boac 1000, à Brands Hatch, sur la 917. Je ne sais plus quel observateur, médusé, avait eu ce mot d’humour : « Quelqu’un a-t-il informé Pedro qu’il pleut ? » L’article évoque un défaut de maintenance de la 512S, la perte d’une roue ? Etrange : pour Ricardo, on a aussi pensé à la sortie de route de Trintignant au GP des USA 1962, qui aurait pu fragiliser cette Lotus 24 de Rob Walker, déjà emboutie par la BRM de Ginther au départ à Monaco et par la Lotus de Taylor à l’arrivée à Rouen. Pour Jim Clark, on s’est demandé si sa Lotus d’Hockenheim ne traînait pas des séquelles de sa collision avec la Ferrari de Jacky Ickx lors de la course précédente, à Montjuich. Quoique, sous la pluie, les contraintes mécaniques étaient moins fortes que sur le sec pour faire casser un élément de suspension. J’avais eu le bonheur d’assister au GP de Pau 1962, et à la belle victoire de Trintignant devant devant les Ferrari de Ricardo et de Bandini. Autant le Français était fringant et jovial à l’arrivée, autant le Mexicain était lessivé, prostré et abattu. Au même moment, la carrière de Moss s’arrêtait à Goodwood. Je pensais à l’époque que Trintignant, appelé à le remplacer chez Rob Walker, était promis à une belle saison. Elle fut très décevante.
    Écrit par : Luc Augier | 03/11/2015
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  • Jim Clark aurait dû piloter en Angleterre pour le BOAC 500 un proto V8 d’Alan Mann le jour du drame ,et seule une confirmation tardive de cet engagement l’enverra dans les arbres . Le destin frappera souvent les pilotes les jours où ils auraient souhaité être ailleurs .
    Ayrton ..

    Les organisateurs mexicains renoncèrent vite à leur grand-prix après la disparition de leur idole.Les britanniques s’emparent alors de ce 24 octobre devenu vacant pour organiser une épreuve en l’honneur du nouveau double champion du monde écossais.
    Après avoir couru près de quarante courses, perdu son adversaire direct , l’inusable Pedro, Jo Siffert n’avait aucun désir de participer à cette course hors championnat, et il aurait dû d’ailleurs courir au Japon au volant de la Porsche 917 rouge avec laquelle il disputait la CAN-AM. La voiture ne pourra être acheminée de l’autre côté du pacifique, et Seppi mit un point d’honneur à être aux côtés de l’écossais qui vivait à Begnins pour cette dernière épreuve de l’année à Brands Hatch.
    Après y avoir remporté sa première victoire en 1968- la dernière remportée par un pilote privé – le Suisse terminera son ultime course au seizième tour dans une BRM instantanément en feu.

    Durant son homelie, le père Duruz rappela que  » Là où il y a le risque, il y a la mort.Là où il n’y a pas de risque, il n’y a pas de vie ».
    Écrit par : CD | 03/11/2015
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  • A mon humble avis, le sieur Johnny s’est loupé entre les grands prix d’Hongrie et de Belgique, auxquels il attribue le n° 10 et 12. Ainsi, il intitule ce texte, par ailleurs excellent, ‘Mexico 18’ alors qu’en réalité, ce grand prix était le 17ème de cette saison 2015. Quant à l’engagement de Pedro au Norisring en juillet 1971, apparamment il devait être un peu partout puisqu’il était aussi l’invité de Jo Ramirez ce week-end. C’est Herbie Müller qui l’avait tenté.
    Écrit par : franky hungenaert | 03/11/2015
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  • Johnny n’y est pour rien, c’est moi, l’éditeur, qui ai sans doute trouvé le temps long entre la Hongrie et la Belgique, au point de créer un Grand Prix fantôme. Le « 11 » n’était pas au bon endroit. Merci de l’avoir fait remarquer.
    Écrit par : Olivier Rogar | 03/11/2015

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  • Pour revenir à Mexico 2015, je dois dire que je ne me suis pas ennuyé, on regrette bien-sûr la disparition de la courbe Peralta, mais le public avait l’air bien présent et passionné, ça s’est vu sur les écrans !
    Concernant la course, Rosberg a prouvé qu’avec un bon mental, il avait l’étoffe d’un vrai numéro 1, son équipier ne ménageant pourtant pas ses efforts. Pourvu (pour lui et le spectacle ) que ça dure…
    Enfin, petite réflexion que je me fais souvent concernant le Safety car, bon pour le show sûrement, mais sur le plan sportif… Le pilote en tête -Rosberg en l’occurence- cravache dur pour mettre trois secondes à son équipier en sachant qu’il y a de grandes chances que tout soit remis à zéro. Imaginons toute autre compétition sportive où on remettrait les joueurs à égalité à chaque interruption de jeu !
    Écrit par : Marc Ostermann | 03/11/2015
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  • Bien d’accord avec vous, Marc, à propos de la SC. Laquelle est fort prisée du public américain notamment dans les courses sur ovales – peu sélectives, propices aux formations en peloton. Devant ce « succès » populaire, les Européens ont fini par adopter cette façon de gérer les courses . Cela les éloigne du sport en les rapprochant du seul spectacle. C’est désormais la règle, pour regrettable qu’elle puisse être parfois.
    Écrit par : Johnny Rives | 04/11/2015

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  • On ne remet pas les scores a egalite au basket a chaque interruption de jeu mais elles sont tellement nombreuses en fin de match qu’elles permettent de menager le suspens et meme des retournements de situation… La SC est bonne pour le show, moins sur le plan sportif je l’admets, mais utile pour la securite. J’aurais bien aime la voir debarquer a Suzuka l’annee derniere, et tans pis pour tout les effors deployes par le pilote en tete a ce moment la !!! Et je la trouvais justifie au Mexique apres le l’accident de Vettel (voiture tres mal placee, tracteur pour la degager, ca ne vous rappelle rien ?).
    Écrit par : Manuhead | 04/11/2015

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  • A propos de la course de Nuremberg où Pedro disparut, voyons comment le Larousse définit le terme « secondaire » : « Qui n’occupe pas le premier rang dans un domaine donné, qui n’a qu’une importance de second ordre. »
    L’adjectif me paraît donc parfaitement approprié à cette course. Secondaire ne veut pas dire négligeable ou sans intérêt, juste que ce n’est pas le plus important. Et il suffit de regarder la liste des engagés à cette course pour s’en persuader : quelques bons pilotes mais quand même rien à voir avec une épreuve de championnat du monde de F1 ou sport-protos.
    Écrit par : Olivier Favre | 04/11/2015
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  • Merci!
    Écrit par : Johnny Rives | 04/11/2015

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  • Toujours à propos de l’accident de Pedro et à la lecture de la presse hebdomadaire spécialisée, une question reste en suspens : son engagement sur la BRM P167 était-il prévu pour le Norisring – faisant suite à celui de Zolder peu de temps auparavant – ou bien pour la course Canam de Road Atlanta qui se déroulait le même week-end ? Ce point est à élucider…
    Écrit par : Francis Rainaut | 04/11/2015

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  • Francis,

    A priori, la BRM P167 était prévue pour le Norisring, si l’on en croit ce compte-rendu d’époque, corroboré par d’autres sources sur Internet : http://www.norisringhistorie.de/1971/71_06m.htm
    Écrit par : Olivier Favre | 04/11/2015
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    Cette même P167, pilotée par Brian Redman, gagnera les 6e et 7e rounds (Imola & Hockenheim) de l’Intersérie 1971.

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  • Merci Olivier
    Écrit par : Francis Rainaut | 04/11/2015

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  • Ricardo a fait sa première course en F1 pour Ferrari à Monza en 1961, jour de la mort de von Trips… Pedro était tenu en très haute estime par Salvadori, un temps son team-manager chez Cooper. Il le mettait au niveau de Rindt. C’était non seulement un pilote très rapide mais aussi très sûr, cassant bien peu de matériel. C’est Herbert Müller, le Suisse au cigare, qui lui proposa le volant de sa 512 pour cette course « secondaire » sur le Norisring.
    Écrit par : sinibaldi | 05/11/2015
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  • Le petit post scriptum que j’ai placé à la fin de mon texte était destiné à donner un léger éclairage sur les frères Rodriguez que les moins de 40 ans peuvent ne pas connaître. Mais par la grâce de lecteurs très compétents, nous voila en train de chasser l’info sur la carrière de ces deux pilotes exceptionnels. Une grande partie de l’intérêt de Classic Courses réside bien là. Merci à tous.
    Écrit par : Johnny Rives | 05/11/2015

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  • Avec la Porsche 917, si fine à guider dans les courbes rapides, Pedro Rodriguez sera l’un des plus impressionnants pilotes de son temps.
    A Spa, le mexicain, portières contre portières dans la descente de l’eau rouge avec le Suisse le plus rapide de l’histoire,Jo Siffert,puis comme si cela n’y suffisait pas tous deux pieds soudés à l’accélérateur à l’entrée du raidillon.
    Puis au Mans l’année suivante en 1971 où les deux pilotes Porsche frottent leurs carrosses qui frôleront la barre des 400 et ne pourront résister à leur rythme .

    Tout était peut-être écrit dès la Targa Florio 1960 où la Ferrari Testa Rossa des deux frères terminera à la septième place après avoir été deux fois loin de la route avec Riciardo, et Pedro l’avait une première fois propulsée dans un fossé d’où elle ne ressortira qu’à l’aide de mules et de cordes ( les spectateurs présents n’y suffisant pas , Pedro empruntera alors un vélo, avec pour unique et décisif sésame un écusson au cheval cabré frappé sur le casque pour convertir les bonnes volontés ).Quand deux pilotes débutants résistent ainsi aux ravins et spectateurs matadors du circuit des Madonnies, plus rien ne pourra plus les arrêter .

    Riciardo n’aurait d’ailleurs pas dû participer au grand-prix du Mexique ,couru hors-championnat en 1962, à la suite de la défection de la Scuderia lors des deux dernières courses de formule 1 de l’année..La Lotus de Rob Walker ne lui était pas initialement dévolue, et il n’améliorera jamais les temps de John Surtees qui le précédait aux essais en s’écrasant contre un des murs absurdes de cette époque.

    Johnny, vous avez dit à juste titre course secondaire, et elle aurait été pour chacun de cette espèce.
    Pour les frères Rodriguez, aucune courbe n’était secondaire, et pour Pedro l’économie familiale du risque ne pouvait exister .
    A tel point que son succès final apparaîssait souvent comme une éventualité secondaire,comme une sorte de preuve pour Pedro que Riciardo était toujours en vie.
    Écrit par : CD | 05/11/2015
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  • Je conserve (difficilement) le souvenir hélas lointain d’avoir été très impressionné par Pedro lors d’une course d’endurance disputée à Zeltweg, en juin 70 ou 71. Cette course m’avait inspiré un papier dont je ne conserve que de vagues effluves mais que j’aimerais bien relire aujourd’hui pour savoir si mes mots d’alors correspondaient au souvenir très imprécis dont je me contente 45 ans plus tard.
    Pour ajouter une petite anecdote à tout ce qui précède, j’ai eu la chance un jour d’être le passager de Pedro à bord d’une 917 sur le petit circuit d’Hockenheim. Précision: il avait plu, la piste était mouillée. Pour me faire plaisir Pedro attaquait raisonnablement… au point d’accomplir finalement un tête-à-queue. Alors il s’est tourné vers moi et a éclaté de rire.
    Écrit par : Johnny Rives | 05/11/2015

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  • En Europe les frères Rodriguez nouèrent des liens amicaux avec la famille Behra et lorsqu’ils se rendirent à Reims en 1958 Pedro disputa avec José les 12 H sur une Porsche Carrera 356 tandis que Jean Behra participait à la Coupe de Vitesse qu’il allait remporter sur la Porsche RSK Spyder reconditionné en F2. Les jeunes Rodriguez enthousiasmés purent y rencontrer leur idole Fangio dont à l’inverse des mexicains la carrière touchait là à sa fin. Le petit dernier prodige rongeait son frein après avoir été débouté au Mans mais ne manqua pas pendant les essais de découvrir le circuit rémois en effectuant quelques tours au nez des commissaires sur la Porsche qui n’avait déjà plus de secrets pour lui dans les courses américaines.
    Écrit par : laurent riviere | 05/11/2015
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  • Johnny, dans le cercle des souvenirs qui se présentent au ralenti , ce  » Pedro attaquait raisonnablement » est un étourdissement pour le lecteur.
    Le rire de Pedro raisonne dans la nuit en stéréo grâce à vous.
    L’énigme du talent .
    Merci.
    Écrit par : CD | 05/11/2015

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  • Bonjour !

    Les articles de Johnny Rives sont d’une qualité difficilement égalable ; toutefois, je partage entièrement la remarque de Michel Delannoy relative à l’Intersérie.
    Ce championnat, se voulant le pendant de la Canam en Europe dès 1970, était clairement international car, s’il est vrai que plusieurs courses étaient disputées en Allemagne chaque saison, il y en eut également en Grande-Bretagne, Italie,Finlande, Autriche et Pays-Bas (je parle de 1970 à 1975 car, par la suite, il y en eut même en Tchécoslovaquie).
    Pedro Rodriguez avait accepté le volant d’une 512M d’Herbert Müller Racing et c’était tout à son honneur ; un fait de course lui ôta la vie. Qu’aurait-on dit et écrit s’il avait été au volant de son habituel 917K de chez Wyer ? Aurait-on autant insisté sur le caractère secondaire de l’épreuve ? Pour moi, une course est une course qu’elle soit ou non prestigieuse.

    PS / Rappelons-nous que le premier successeur en F1 de Pedro Rodriguez fut, sauf erreur de ma part, Hector Rebaque, pilote privé qui eut le courage de construire sa propre monoplace, certes bien inspirée de la Lotus 79 qu’il avait achetée (après avoir occupé le baquet d’une Hesketh 308 et Lotus 78), avant d’être pilote officiel chez Brabham aux côtés d’un certain Nelson Piquet. Il a marqué plusieurs points en championnat.

    Bien à vous ! Philippe Vogel
    Écrit par : Philippe Vogel | 06/11/2015
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