La carrosserie Lecoq

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Le 13 décembre 2012 disparaissait le grand carrossier André Lecoq. En ce jour d’ouverture de Rétromobile, il nous a semblé naturel de rendre hommage à celui dont la qualité du travail nous a toujours donné à rêver. C’est un reportage de Gilles Gaignault, animateur émérite du site Autonewsinfo, datant du 3 décembre 2009 que nous reprenons ici avec son accord.

Classic COURSES

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A l’invitation de Glasurit et de Max Alunni, le nouveau Maitre des lieux, nous avons pu à loisir, en compagnie notamment de l’ami José Rosinski, visiter cette très célèbre et prestigieuse Maison qu’est l’entreprise de carrosserie Lecoq, sise à Saint Ouen, depuis 1963 !

Depuis que son fondateur, le non moins réputé et respecté André Lecoq a ouvert cette entreprise spécialisée dans la carrosseriehaut de gamme devenue au fil des ans, le ‘’ Must ‘’ de la spécialité :

Une véritable orfèvrerie à laquelle s’adressent tous les plus grands collectionneurs du monde, possesseurs de ce que l’on nomme les « belles bagnoles ». Ces beautés d’avant guerre et qui ont noms Bugatti – Delage – Delahaye- Packard et autres Hispano.

Lecocq 2 %20logo.jpgandré lecoq,carrosserie lecoq,gilles gaignault,max alunniCar voyez-vous la Maison Lecoq c’est assurément ‘’ LE ‘’ couturier de la restauration automobile. Tant Lecoq rime avec la classe, le luxe, le raffinement et la beauté restituée des belles bagnoles d’antan !

Car dites-vous bien que Lecoq c’est le DIOR et le CHANEL de son secteur d’activité: La restauration des automobiles d’exception. Pour les propriétaires plus jeunes qui possèdent eux les très belles GT d’aujourd’hui, Lecoq représente également ce qui se fait de mieux car pour eux, la Maison sise 25 rue Charles Schmidt, c’est un peu ‘’ La clinique du rêve ‘’ … C’est la raison pour laquelle se côtoient dans les ateliers Lecoq, les Belles d’avant guerre et les rutilantes Grand Tourisme d’aujourd’hui.

andré lecoq,carrosserie lecoq,gilles gaignault,max alunniA l’occasion de notre visite, Max Alunni avait invité son illustre prédécesseur, notre ami à tous, Le Maître André Lecoq (venu tout spécialement de son Oise) à nous rejoindre et à nous accompagner dans notre découverte de ce lieu inouï, véritable caverne d’Ali baba qui renferme une multitude de joyaux, tous inestimables.

Et qui nous fait assurément rêver à chacune de nos visites, tant cet atelier renferme de superbes limousines anciennes ou plus récentes. Toutes plus belles les unes que les autres. Car chez Lecoq, croyez-nous, on en prend à chaque instant et dans tous les ateliers ‘’ Plein les mirettes ‘’ !

A propos, le motif de cette visite ? La présentation d’une automobile tout à fait exceptionnelle et sur le point de retrouver tout son lustre d’antan ; une somptueuse Renault Nerva Stella Grand Sport, datant de 1935 équipée d’un 6 cylindres en ligne. Cette véritable beauté se trouve effectivement à l’heure actuelle dans sa phase 2 de restauration.

Cette Nerva Stella ABM 3 Cab qui dormait depuis quelques décennies dans un garage est donc en train de revoir le jour grâce au savoir-faire de Lecoq avec l’aide de la maison Glasurit pour la peinture.

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Cette véritable automobile d’exception de 31 CV fabriquée en seulement 30 exemplaires et dont à ce jour il ne demeure hélas plus que deux modèles, date on l’a dit de 1935. Il s’agit d’un magnifique cabriolet 6 places, N° 724633 ayant connu deux propriétaires et deux immatriculations : 1237 JA 6 et puis 435 CN 42.

Lors de la phase 1 de restauration, chaque artisan, chaque compagnon chez Lecoq a eu un rôle clef. Du tôlier au sellier en passant ensuite par les peintres qui finiront l’œuvre car une telle automobile ainsi restaurée comme à l’identique devient aujourd’hui une véritable « Œuvre d’art ».

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Mais revenons à son arrivée dans les entrepôts de la Maison Lecoq.

A peine arrivée chez Lecoq, la voiture, qui a conservé toutes ses différentes plaques d’origine, a été entièrement démontée avec un soin tout particulier, et toutes les pièces de sa carrosserie ont été immédiatement sablées. Ensuite, quelques réparations ont dû être effectuées, car si la carrosserie est saine, elle a au cours de sa longue carrière subi quelques chocs…Puis les tôliers ont procédé au remontage. Mais une telle restauration, cela prend du temps !

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La Renault Nerva Stella que la carrosserie Lecoq est en train de restaurer vient tout juste de sortir de carrosserie. Il aura fallu… 1000 heures de travail pour la mettre totalement à nu, lui redonner ses formes et ses courbes d’origine et la remonter entièrement ensuite. C’est dire le colossal travail entrepris.

C’est ensuite au tour des peintres d’œuvrer pour la mise en peinture : retrouver la teinte et le rendu d’origine, afin que la voiture soit identique à celles qui étaient sorties des usines Renault de Billancourt, il y a maintenant plus de 70 ans… Plusieurs étapes seront nécessaires : soudure à l’étain, ponçage, montage à blanc, ajustement, apprêt, re-ponçage…

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Et puis, on arrive à la teinte. Grâce au CCC, le Classic Car Color de Glasurit, Max Alunni va pouvoir retrouver la teinte exacte de sa voiture, un blanc cassé qui faisait fureur dans les années 30. La Renault Nerva Stella va être habillée de cette robe d’exception, en brillant direct. La peinture. Une teinte identique à sa couleur d’origine de la Ligne 22. La mise en peinture devrait demander environ 200 heures de travail

La sellerie intérieure retrouvera elle aussi son faste d’antan avec un cuir fauve comme en 1935, grâce là encore à 200 heures de travail environ…

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Et pour la mécanique, cette Belle dame respectable affiche fièrement ses… 74 ans au compteur… et elle risque fort de célébrer son 75e anniversaire, pleine de majesté comme à son premier jour… Si tout va bien, nous fêterons ce 75ème anniversaire à Rétromobile début 2010…  Il aura fallu plus de 2 000 heures de travail acharné des meilleurs artisans, carrossiers, peintres, et mécaniciens pour réaliser cet exploit.

Avis à tous les amateurs de très belles voitures d’exception !

D’ailleurs en chinant dans l’atelier et dans les étages, nous avons pu à loisir admirer bien d’autres ‘’ Belles d’Antan ‘’.

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Également aperçu plusieurs superbes Delahaye d’avant guerre. Et une sublimissime Packard de 1932. Un modèle Super Eight carrossé par Franay. Cette automobile tout à fait exceptionnelle nécessitera de longs mois de remise en état : 1800 heures de travail avant de la restituer à son propriétaire. Lequel devra en échange signer un chèque lui aussi rondelet puisque le devis estimé parle de … 250.000 €… Tout de même !

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Ainsi une somptueuse Hispano type K6 carrossée en son temps par le célèbre Jacques Saoutchik dans ses ateliers de la rue Jacques Dulud à Neuilly et datant elle de 1928. Toute la mécanique va être également remise à nu, et les artisans de chez Lecoq vont devoir tout remettre en état de marche avant le remontage final. Max Alunni prévoit 250 heures de travail pour ce volet.

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Le travail exceptionnel fourni par l’ensemble des compagnons et artisans qui travaillent pour la Carrosserie Lecoq, mérite l’admiration.

Tout le mérite en revient à ces hommes et à leur chef d’orchestre, Max Alunni qui a su reprendre le flambeau du fondateur André Lecoq pour pérenniser la formidable histoire ce cette grande Maison de Saint Ouen dont le prestige dépasse depuis tant d’années largement nos frontières …

Gilles Gaignault – Autonewsinfo

Photos @ Gilles Vitry  et Olivier Thibaud

 

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8 pensées sur “La carrosserie Lecoq

  • Intéressant article. Je me permets juste de signaler que le coq montré est celui de Matra Sports, celui de la Carrosserie Lecoq étant un poil différent, les deux étant issus du crayon d’Uderzo.

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  • Je confirme la remarque, la précision exacte, concernant l’idéogramme de Matra-Sports par l’ami Francis Rainaut, étant ancien René Bonnet et l’un des tous premiers embauché par le D.G de l’époque, Mr Jean-Luc Lagardère en Septembre 1963.

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  • La maison Lecoq est sans aucun doute à la carrosserie ce que Monsieur Paul Bocuse est à la gastronomie. Cuisinier du siècle, carrossier du siècle ?

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  • Bonjour jaC, la Sté de carrosserie Lecoq fut le carrossier Officiel de Matra-Sports. Il fut le seul, car le seul choisi qui répondit positivement à la proposition de Matra et qui envoya donc ses carrossiers se former à Romorantin.

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  • On a longuement ‘ causé ‘ d’André évidemment. Lecoq a déménagé depuis notre reportage et se trouve désormais à Bezons à côté du fameux Pont de Bezons

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  • De mémoire, le « Coq » fut remplacé par un emblème sur fond blanc, très épuré ayant pour symbole, un triangle ligné bleu ciel avec rappel Matra_Sports, conforme aux activités premières de Matra-Engins ( engin embarqué de poursuite infra-rouge aérienne dénommé 530)

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  • L’enseigne actuelle de la Carrosserie Lecoq figure en tête d’article. Il s’agit bien du coq en couleur.

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  • un grand salut a mr Le Coq qui était un grand artiste

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